• Site mis à jour le 08 juillet 2019, 15:43

GWLe Frère H.R. de la Juste et Parfaite Loge Souveraine George Washington, s'adressant aux profanes et Franc-Maçons, nous propose sa réflexion sur l'Initiation.

Il est patent de constater que les Maçons, dans les loges obédientielles ou libres et souveraines, partagent en règle générale la même passion pour la recherche et la lecture des anciens textes de la Maçonnerie. Plus soucieux des devoirs qui les animent, les Frères et les Sœurs communiquent volontiers l’ensemble de leurs travaux et il faut se rendre à l’évidence qu’une effervescence positive règne parmi les Maçons.

Il faut bien admettre que la connaissance des textes anciens s’avère très enrichissante, car ils invitent les Maçons à tailler et polir la pierre, à fortifier le rationnel et à mettre en exergue l’intuitif. Ces deux qualités comportementales sont indispensables, voire même indissociables, de même nature que les bienfaits de la présence du Soleil et de la Lune.
La Tradition demeure l’encre de la mémoire. Elle une et évolutive, tout comme l’existence, laquelle demeure en soi rationnelle et mystérieuse. Il est évident que de nombreux cas de figures ne sont toujours pas expliqués. Le temps s’impose comme un métronome régulier et certains secrets qui relèvent du ressort de la science ou de l’histoire seront dévoilés au fur et à mesure, car telle est la signification du mot grec apocalypse. Si les parfums sont volatiles, l’art de la mémoire existe pour nous les rappeler et les illustrer si nécessaire.
De nombreux Maçons se posent souvent la question au sujet de la différence rituelle du mot réception et du mot initiation du premier grade maçonnique et pour trouver un début de réponse à cette interrogation, autant se référer aux deux textes révélés en 1730 et 1760, intitulés la « Maçonnerie disséquée » et les « Trois Coups Distincts ». Ils sont devenus les deux références indéniables et fondamentales de la rituélie maçonnique moderne.
Dans ce cas précis, il convient d’attribuer le qualificatif de maçonnerie moderne, au lieu de celui de maçonnerie spéculative, ne serait-ce que pour la différencier de la maçonnerie opérative, car le terme spéculatif, tout naturellement, demeure impropre et infondé dans le cours de l’histoire maçonnique. Il relève plutôt d’une formulation profane et comme tous les métaux, il convient de les laisser à la porte du temple.
La Maçonnerie disséquée de 1730 nous indique l’instruction suivante pour l’apprenti entré :
Q : Comment vous y a-t-il amené ?
R : Ni nu, ni vêtu, ni pied nu ni chaussé, dépouillé de tous métaux et avançant dans une attitude droite.
Il est aisé de constater qu’une attitude droite ne souffre à priori d’aucun handicap visuel. Le texte des Trois Coups Distincts de 1760 nous révèle à contrario une attitude de mouvement hésitant. En effet, ce dernier texte nous indique l’instruction suivante pour l’apprenti entré :
Q : Où fûtes-vous préparé ensuite ?
R : Dans une chambre contigüe à la Loge ?
Q : Comment fûtes-vous préparé mon Frère ?
R : Je n’étais ni nu ni vêtu, ni pieds nus, ni chaussé, privé de tous métaux, les yeux bandés, avec une corde au cou, je fus ainsi conduit à la porte de la Loge dans une attitude de mouvement hésitant, par la main d’un ami que plus tard je découvrais être un Frère.
Considérant que ces deux textes ont le mérite d’être suffisamment précis sur la description de la rituélie originelle, il n’en demeure pas moins vrai que dans le texte de la Maçonnerie disséquée, le mot bandeau n’y figure pas, contrairement au texte des Trois Coups Distincts.
Effectivement, le texte de la Maçonnerie disséquée souligne le fait que le récipiendaire avançait dans une attitude droite, et cela justifie amplement qu’il ne mentionne nullement une préparation spécifique. Le terme de chambre de préparation apparaît clairement pour la première fois dans le texte des Trois Coups Distincts ainsi que la présence effective d’un Frère pour tenir la main du profane.
Tout en témoignant une certaine réserve, sans pour autant rien affirmer, il convient de s’interroger sur ces deux différences rituelles qui permettent de justifier pour la Maçonnerie dissequée le mot réception au même titre que les réceptions relatives aux Corporations du Métier et pour les Trois Coups Distincts le mot initiation au même titre que les initiations relatives aux sociétés initiatiques antiques.
Cependant il faut bien le reconnaître : la date de publication de 1730 et celle de 1760 n’indiquent pas pour autant le temps de la séparation effective des divulgations. La mesure du temps maçonnique réside dans le rythme de la communication et de la publication, entre le voilé et le dévoilé, pour entrer de plein champ dans l’espace de l’évolution de la Maçonnerie. Car ces deux différences rituelles se trouvent également dans le Manuscrit Dumfries n°4 (1710) et le Manuscrit Graham (1726).
Cependant force est de constater que les Modernes en 1717 furent plus en phase avec les anciens usages du Métier. Qui plus est, les Constitutions de 1723, rédigées par le Pasteur James Anderson, relatent les traditions sociétales, philosophiques et cultuelles depuis les premières civilisations humaines à travers une symphonie lyrique sur l’art des bâtisseurs.
Il est indéniable que les Frères Desaguliers et Anderson ne firent que ressusciter le patrimoine culturel de l’architecture de l’art roman et de l’art gothique, les valeurs morales des confréries professionnelles du moyen âge, les Anciens Devoirs, les secrets et les serments rituels, s’efforçant ainsi de réveiller à travers une expression symbolique et un élan fraternel, cette connaissance primordiale qu’était la très haute sagesse des bâtisseurs antiques.
En Maçonnerie, le rationnel et l’intuitif sont inséparables tout comme les deux grands luminaires dans l’étendue des cieux, qui nous indiquent le passage du temps pour séparer la lumière de l’obscurité.
H. R.

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